Vassil sculpteur
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 Biographie du sculpteur vassil
artist

" l'attaque des lionnes "
bronze, fonte Chapon, longueur: 66cm
Brusquement, les deux lionnes chargent
un troupeau de gnous pour profiter de
la panique et tenter d'isoler l'un d'eux…

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" Attack of lionesses"
Suddenly, both lionesses load a herd
of gnus to use panic and try to isolate
one of them …


 Pièce épuisée
attaque de lionnes

attaque de lionnes

témoignage d'amateur:

          Deux guépards en chasse et l'attaque des lionnes
Ô Temps, suspends ton vol…
(1) / Ne pas choisir, c'est encore choisir (2)
     Ces deux œuvres illustrent parfaitement mon indécision face à l'œuvre ambivalente et protéiforme de Vassil. Il s'agit de deux sculptures, sans doute réalisées à peu près à la même époque et déjà anciennes puisque épuisées, pour lesquelles je ne parviens toujours pas à savoir laquelle des deux je préfère…

     Les deux sculptures comportent nombre de points communs, ne serait-ce que par leur sujet, illustrant la coopération : deux animaux qui agissent de concert, tendus vers un but identique, une chasse utilitaire pour se nourrir et survivre. C'est par pur instinct que ces animaux en chasse ont décidé d'unir leur force et de s'associer afin d'obtenir en commun un résultat supérieur à la somme de leur intérêt individuel…
     Nul besoin de réflexion avant de parvenir à ce choix de la coopération
(3), le recours à l'association est inné chez ces prédateurs et gravé depuis des millénaires dans les gènes…
     Cette représentation nous émeut car cette chasse renvoie à l'une de nos préoccupations ancestrales : la poursuite d'une proie pour satisfaire le besoin primitif de nourriture, mais la bestialité de la scène est humanisée par l'association avec un partenaire qui débouche - chez l'homme - sur la complicité puis l'amitié.
      L'instantanéité de la scène immortalisée par Vassil est très similaire dans les deux œuvres : les animaux bondissent, ils sont en plein effort comme " suspendus en plein vol ", et n'ont plus qu'une attache minimale avec le sol. Admirez la finesse du point de contact entre les deux guépards qui accrochent le regard avec leur belle patine brune traditionnelle sous laquelle on devine le bronze et la longue terrasse à patine verte traitée de manière plus contemporaine, dont l'horizontalité à peine troublée du relief de vaguelettes vient souligner en trois niveaux parallèles l'unité globale de cette œuvre.

(1) Cet hémistiche fameux d'Alphonse de Lamartine (1790-1869), provenant de son poème Le Lac extrait des Méditations poétiques (1820), n'est en réalité qu'un plagiat emprunté mot pour mot à la dernière strophe de l'Ode sur le temps d'Antoine-Léonard Thomas (1732-1785), texte pour lequel ce dernier reçut le prix de l'Académie française en 1762, soit 58 ans plus tôt…

Très bel exemple de Plagiat par anticipation, selon l'essai de Pierre Bayard publié en 2009 aux éditions de Minuit, Antoine-Léonard Thomas élu Académicien en 1766 au fauteuil 30, n'étant même pas cité par Lagarde & Michard alors que l'emprunt de Lamartine est un des rares vers que la plupart des élèves sont capables d'attribuer à Lamartine !
(2) Jean-Paul Sartre.

(3) Voyez " La théorie des jeux ", " le dilemme du prisonnier " par Robert Axelrod, " Donnant donnant - une théorie du comportement coopératif ", éditions Odile Jacob, 1992

        Aujourd'hui je privilégie " les deux lionnes " qui est certainement une oeuvre plus virile et primitive, plus sensuelle aussi, on ne peut s'empêcher de vouloir caresser les dos des lionnes pour mieux appréhender la courbe de la sculpture.
        Mais hier c'était au contraire la légèreté des "
deux guépards" qui m'enchantait…
C'est ainsi que n'ayant pu me décider à temps, tous les exemplaires de ces deux œuvres ont été vendus avant que je ne puisse déterminer mon choix. Mais ne pas choisir c'est encore choisir !

François-Laurent JACQUIER