Regards croisés

Témoignages d'amateurs

Collectionneurs, critiques et amateurs d'art partagent leur expérience des sculptures de Vassil.

Que cet hommage rendu aujourd'hui à Vassil soit pour nous l'occasion de lui exprimer toute notre admiration pour son immense talent dans l'art animalier.

Nous lui savons gré tout particulièrement de s'être intéressé, lui, le \"spécialiste\" des grands fauves, au plus petit des félins, le chat, qui représente pour nous le plus bel animal de la création.

C'est la raison pour laquelle, dérogeant à la règle initialement imposée, ce n'est pas une mais deux oeuvres de Vassil, Pomponnette et Matou, qui ont retenu toute notre attention car elles représentent la réussite totale dans la reproduction de l'expression féline :

Pomponnette, jeune chat espiègle, les yeux grands ouverts sur la vie, prêt à donner un petit coup de griffe.

Matou, chat vieillissant, pensif (peut-être à toutes ces années passées !) presque triste, voire nostalgique, l'oeil mi-clos prêt à s'endormir mais ayant une oreille dressée pour donner l'impression d'être toujours aux aguets.

C'est cette représentation parfaite d'une tranche de vie, même si elle n'est pas en mouvement, qui nous a touchés. Nous sommes fiers de les voir trôner sur le meuble de notre salon, attendant d'être rejoints par d'autres... Mais laissons l'inspiration de Vassil mûrir...

En apportant aujourd'hui notre contribution à l'hommage rendu à Vassil, c'est surtout lui dire que son sens de l'observation des animaux, et tout particulièrement du chat, en fait le digne successeur de Fremiet, Riché, Steinlen et plus près de nous Jacques Nam...

Tout est réuni dans le mouvement de cette scène: la vie, la mort, la peur, la surprise, l'instinct, la menace, la survie,… C'est la parfaite démonstration du talent \"photographique\" de Vassil qui réussit à fixer dans le bronze, habituellement plus statique, un instant bien déterminé qui donne tout son \"vivant\" à l'oeuvre. J'ai une attirance très particulière pour celle-ci en raison de sa verticalité si rare dans l'univers du bronze animalier.

Dans toutes ses oeuvres Vassil impose sa maîtrise du mouvement. Il a bien entendu une parfaite vision de la morphologie de ses animaux, mais le mouvement est saisi à un instant si précis, si intense que le bronze devient photo. C'est sans conteste de mon point de vue la marque de fabrique de Vassil.

Postée sur son rocher - on serait tenté de dire qu'elle en surgit tant elle fait corps avec lui - la guéparde affamée se dresse. C'est sa vie qui est en jeu dans ce qui sera peut-être sa dernière chasse. Avec son allure dominatrice et cette musculature, véritable hymne à la course, à la fois fine et puissante, traitées avec une scrupuleuse précision doublée d'une rare qualité esthétique, par la force de ce regard profond et troublant, c'est un fauve qui n'a rien perdu de sa superbe que nous propose Vassil, et non un animal famélique, amoindri et pitoyable.

A sa façon, avec pudeur et délicatesse, il nous montre la force que procure la dignité conservée et nous rappelle que les seuls combats perdus d'avance sont ceux que l'on refuse de mener.

Cette sculpture m'émeut tout particulièrement parce qu'il en émane une aura d'amour, et d'abandon total du lionceau à la caresse de sa mère. La lionne puissante à la musculature sculpturale, capable de tuer d'un coup de patte l'étend ici comme une main d'amour, une aile protectrice qui enveloppe de tendresse et d'affection la tête du lionceau en recherche de câlin. Et le petit animal, les yeux clos de bonheur reçoit avec délectation le tendre coup de langue de sa mère.

Ainsi, au cœur du monde animal, je peux percevoir la force d'amour manifestée, source de vie et de paix, simple, naturelle et ce lien parfait de tendresse et de communication qui fait parfois défaut aux humains. Je crois qu'il faut être un très grand sculpteur pour faire passer ainsi à travers une œuvre de bronze des vagues d'émotions propres à nous rendre si proches des grands fauves… à les admirer et adorer la Mère Nature si parfaite dans ses manifestations les plus naturelles.

L'éléphanteau nouveau-né arrive dans la vie, un peu déboussolé par son passage entre les mondes, un peu secoué, il découvre un monde immense et étranger.

Tout faible, il a du mal à se lever, il titube sur ses pattes encore neuves. Pourtant, sa mère qui vient de passer l'épreuve de l'accouchement ne lui laisse pas de répit et le pousse à se lever rapidement, le soulevant fermement du bout de sa trompe. Elle connaît la vie et sait qu'il faut qu'il soit fort et se lève tout de suite. Il doit être sur ses pattes pour pouvoir bouger et la suivre, si elle doit se battre pour le défendre !

La vie et ses dilemmes se manifestent clairement à travers cette œuvre, l'urgence de la sécurité et le besoin de protection pressent le pas sur le plaisir de la tendresse et les joies de l'amour maternel. En même temps, ce qui est très émouvant et touchant, ce sont les sentiments qui se manifestent, cette sensation de communion et de compréhension du ressenti de ces deux êtres, cette fragilité et difficulté à se dresser pour l'éléphanteau, cette force et détermination avec une notion d'urgence qui anime la mère. Et jusque dans mon corps ces émotions résonnent, serrant ma gorge et humidifiant mes yeux, et encore cette grâce de la vie qui coule comme un bonheur devant l'art qui arrête le temps sur un moment unique et précieux.

M. VASSIL m'ayant dit qu'il faisait aussi des oeuvres sur commande, je lui adressais à sa demande, le 1er juillet 2009, une description du BISON tel que je le voyais, l'appréhendais et souhaitais le voir réaliser.

Ma vision de cet animal totem, liée à une vieille et persistante passion pour les amérindiens du nord, et en particulier pour les amérindiens des plaines, était non seulement physique mais aussi spirituelle, cet animal ayant pour ces nations statut de \" dieu \".

Tout en lui envoyant des photos d'un mâle d'un élevage de bisons en Limousin, j'écrivais ceci à l'artiste,

\" Je veux un mâle adulte, à forte carrure, tournant la tête d'un côté à 45 degrés, bien campé sur ses pattes, légèrement menaçant, non pas du fait de son agressivité, mais du fait de sa masse sombre et imposante, non statique, les pattes antérieures et postérieures légèrement décalées comme sur un pas...

Il faudrait qu'il en impose physiquement et spirituellement, de par lui même, sa masse sombre, sa carrure d'athlète des plaines, ses deux cornes courtes bien affûtées...inspirant un respect mâtiné de crainte physique de par ce qu'il est...avec quelques cicatrices sur le mufle et les flancs, un manteau de fourrure d'hiver bien fournie, abondante, frisée rustiquement, comme jeté sur ses épaules et ses reins d'airain... Un avant massif, large, puissant, campé sur deux pattes robustes, bien plantées, costaudes à en paraître courtes...

Une croupe affinée, des pattes postérieures contrastant presque avec les antérieures, car presque fines quoique robustes, presque des pattes de pur sang ou d'antilope..., dénudées, poilues -velues mais presque nues car d'un poil court, d'une finesse contrastant avec l'avant, nerveuses, musclées car ce sont elles qui lui permettent de galoper à la vitesse du cheval..

Cela doit vous éclairer effectivement sur ce bison force de la nature - \"gourou\" spirituel - nourricier etc...si proche des hommes tout en étant leur divinité.....humain à certains égards et si brut en même temps..

\"Le Bison incarne tout à mes yeux car il représentait tout pour les indiens des plaines d'Amérique du nord \"

Après de nombreux échanges, ce fut de ma part le renoncement la mort dans l'âme, pour divergences d'approches entre Jean VASSIL et moi . Je l'en informais le 11 janvier 2010

Mais, finalement, M. VASSIL m'écrivait qu'il s'était lancé dans sa réalisation et qu'elle avançait.Heureux, rempli d'espoir, je réalisais combien il lui fallait de GRANDEUR d'AME pour tenter ainsi de comprendre et intégrer une autre vision.

Le 1er mars 2010, je recevais des photos de la \" maquette \" en plastilline. Je relevais quelques points à modifier, améliorer, amender..Je passais ensuite à Paris spécialement afin de le voir et ajuster avec l'artiste.

Et TATANKA m'était livré à Londres le 1er juillet 2010.

Ma vision du mythique bison a été concrétisée par Jean VASSIL dans le dialogue, l'échange - même chaud ! - et la tolérance combinés à son exceptionnel talent d'artiste sculpteur : c'est grâce à lui que matériellement TATANKA, l'AME ET L'ESPRIT DES PLAINES est physiquement \" venu au monde \".

Son écoute, son ouverture d'esprit, sa sensibilité lui ont permis de réaliser une oeuvre montrant le BISON D'AMERIQUE dans sa double dimension.

Animale, comme une force de la nature gérant sa sexualité vis à vis des jeunes qui montent, dans la banalité de sa condition de mâle dominant soumis à sa chimie endocrinienne et voué à la perpétuation de l'espèce...

Spirituelle et totémique ainsi qu'il l'était aux yeux des Indiens des Plaines

TATANKA ne me quitte plus

Il constitue au quotidien en mon bureau une source inspirante de Sagesse et un facteur d'équilibre personnel..

MERCI ! GRAND MERCI JEAN VASSIL !

Et DU FOND DU COEUR : BON ANNIVERSAIRE !

Le choc est si violent que l'un des combattants est soulevé à l'impact par la force de sa charge.. Ce bronze est une photo instantanée qui montre parfaitement la puissance des deux adversaires et la violence de leur lutte.

Cela ne peut que mal se terminer… au moins pour l'un des deux !

Une fois de plus Vassil nous fascine par sa maîtrise à la fois de l'animal et du mouvement.

J'aime la hyène

Aux babines retroussées

J'aime le loup

Avec son nez renfrogné

J'aime la hyène qui ricane

J'aime le loup qui fait Ohoo,

J'aime la hyène qui se régale

De carcasses de ruminants

J'aime le grand loup qui avale

Grands-mères et petits-enfants

J'aime qu'on les représente

Surtout s'ils ne sont pas gentils

Et que désormais ils sentent

Qu'ils ont aussi des amis

Le grand loup est couché, impuissant et tragique ;

le clan l'attend dans quelque reculée sombre et abritée.

Il ne reviendra pas.

La patte prise dans les mâchoires d'acier est rongée ;

le sang a séché, la soif brûle sa gorge en feu.

Il ne se résigne pas.

Une longue plainte s'étire dans le lointain ;

c'est la louve qui appelle le grand mâle dominant.

Le désespoir est là.

Le ciel s'assombrit, éclaboussé de rouge ;

le soir étend ses limbes empourprés sur l'horizon.

Demain ne viendra pas.

Les ténèbres enveloppent ce tableau funeste,

la fraîcheur de la nuit emporte un dernier cri.

Le loup est resté là.

\"au chien blessé que j'ai trouvé un jour\"

J'aime la hyène

Aux babines retroussées

J'aime le loup

Avec son nez renfrogné

J'aime la hyène qui ricane

J'aime le loup qui fait Ohoo,

J'aime la hyène qui se régale

De carcasses de ruminants

J'aime le grand loup qui avale

Grands-mères et petits-enfants

J'aime qu'on les représente

Surtout s'ils ne sont pas gentils

Et que désormais ils sentent

Qu'ils ont aussi des amis

Lorsque j'ai acquis Séduction équine en 2007, j'ai d'abord été touchée par le mouvement. L'étalon arabe reconnaissable par son petit gabarit trotte sur trois pieds qui effleurent le sol. Ses oreilles tendues vers l'avant, il tourne vers quelque chose qui l'attire.

Le mouvement est, de plus, mis en valeur par la plastique musculeuse de l'animal ainsi que par la figuration des tendons du cou. L'exagération de la musculature renforce le dynamisme et fait sentir la tension de la croupe et le mouvement du cou. La tension vers l'avant ne fait que renforcer le mouvement.

Cette pièce témoigne dès lors d'un dynamisme vivant.

Que cet hommage rendu aujourd'hui à Vassil soit pour nous l'occasion de lui exprimer toute notre admiration pour son immense talent dans l'art animalier.

Nous lui savons gré tout particulièrement de s'être intéressé, lui, le \"spécialiste\" des grands fauves, au plus petit des félins, le chat, qui représente pour nous le plus bel animal de la création.

C'est la raison pour laquelle, dérogeant à la règle initialement imposée, ce n'est pas une mais deux oeuvres de Vassil, Pomponnette et Matou, qui ont retenu toute notre attention car elles représentent la réussite totale dans la reproduction de l'expression féline :

Pomponnette, jeune chat espiègle, les yeux grands ouverts sur la vie, prêt à donner un petit coup de griffe.

Matou, chat vieillissant, pensif (peut-être à toutes ces années passées !) presque triste, voire nostalgique, l'oeil mi-clos prêt à s'endormir mais ayant une oreille dressée pour donner l'impression d'être toujours aux aguets.

C'est cette représentation parfaite d'une tranche de vie, même si elle n'est pas en mouvement, qui nous a touchés. Nous sommes fiers de les voir trôner sur le meuble de notre salon, attendant d'être rejoints par d'autres... Mais laissons l'inspiration de Vassil mûrir...

En apportant aujourd'hui notre contribution à l'hommage rendu à Vassil, c'est surtout lui dire que son sens de l'observation des animaux, et tout particulièrement du chat, en fait le digne successeur de Fremiet, Riché, Steinlen et plus près de nous Jacques Nam...

Grâce, légèreté, l'expression ultime du paradoxe du mouvement figé dans le bronze qui caractérise l'œuvre du sculpteur Vassil. Peut être la plus aérienne de ses créations.

Après la photo numérique qui a détrôné la photo argentique, Vassil a inventé la photo en bronze. Ses sculptures saisissent les mêmes instants de tendresse, de beauté et de peur que nous montrent les reportages animaliers. Des arrêts sur image, comme cet \" envol \" de l'impala pris de panique. Le métal semble débarrassé de son poids…

Pour m'exprimer à propos de monsieur Vassil, je choisirais un bronze que je lui ai commandé spécialement et qui est un Lycaon.

Ce chien du désert me plaît particulièrement, car, il est comme le sculpteur qui l'a conçu ; un électron libre. Un être qui peut être solitaire mais aussi enclin à vivre d'une façon sociale très intense. Il est très présent au cœur de sa meute tout comme monsieur Vassil l'est auprès de ses proches et de ses amis.

Ce bronze est d'une grande délicatesse où l'équilibre et les détails sont les clefs d'une extrême perfection qui caractérisent la maîtrise que monsieur Vassil a de la sculpture et qui font de lui à mon humble avis un grand bronzier et un artiste sensible, d'un grand talent, et un personnage incontournable.

Le lycaon n'est pas un animal très connu. Il est tantôt confondu avec un chien, tantôt avec un loup. Il est en réalité leur cousin d'Afrique.

Son atout est la course. Vassil a su le représenter en pleine action. Ne s'appuyant que sur une seule de ses pattes, il est sûrement en chasse. Les oreilles dressées, attentif aux mouvements de sa proie mais aussi de ses complices, car c'est en meute qu'il chasse.

Rusé il travaille en équipe !

Même le lion le redoute. Pour le lycaon, il n'y a pas de titre de \" roi des animaux \" pas de titre de noblesse. Il n'y fait pas allégeance.

Il a durement gagné sa nourriture, elle lui revient de droit. Et si le lion fait mine de s'approcher, toute la meute se jettera sur lui. Le lycaon, le chien révolutionnaire de la savane ?

Aussi féroce avec ses ennemis qu'il est solidaire avec ses congénères, il est bienveillant envers les plus faibles de sa meute. La patine mettant en valeur son pelage particulier, notre \" loup peint \" nous impressionne avec son museau noir. Cet animal finalement mérite notre attention !

VASSIL est un sculpteur , mais c'est avant tout un humaniste, il donne à chacune de ses oeuvres une personnalité, une attitude et des sentiments.

La première oeuvre que nous avons acquise \"la fuite du lapin de garenne qui a senti l'odeur du renard\" nous a toujours fait penser au lièvre et la tortue du fabuliste Jean de la fontaine qui, dans le genre littéraire s'est aussi bien servi des animaux pour décrire les travers humains ;

NOTRE lapin, c'est le lièvre sans la tortue, s'arrêtera -t-il en chemin ou continuera-t-il sa fuite pour échapper au prédateur?

Comme suspendu dans les airs, le lapin apeuré cours vers son destin, la technique de VASSIl est là : le lourd métal est devenu léger, aérien, dynamique, en un mot : VIVANT, les volumes , la plastique de l'animal et l'attitude sont parfaitement restitués.

Pour l'instant, le lapin court toujours en attente de son pendant : renard....ou tortue ?

Respect MR VASSIL et merci pour ces tranches de vie que vous nous faites partager au travers de vos oeuvres.

Bon anniversaire pour les 5 ans de votre galerie et au plaisir de vous revoir

Bien cordialement

L'œuvre de Vassil ne cesse de nous surprendre voire de nous dérouter. Pourquoi ?

Simplement parce qu'il prend plaisir à nous étonner par de nouveaux sujets, que beaucoup d'artistes n'osent essayer car trop peu vendeur. Vassil travaille donc par passion et son œuvre nous interpelle en permanence car elle se lit sur plusieurs niveaux.

Par ex. Vassil nous présente mon Arbre : \"Pensées d'un jeune orang-outan : Oh mon arbre, amour de ma vie sans qui je ne peux vivre, demeure le gardien de mes rêves, reste mon protecteur nourricier ! J'aime entendre le bruissement de tes feuilles qui me rassure...\"

La posture de ce jeune Orang-Outan nous suggère effectivement une supplique pour demeurer auprès de son arbre dont nous parle Vassil.

Pourtant son sourire malicieux nous incite à croire qu'il nous désigne un objet, de là à imager l'arbre de la connaissance ce singe deviendrait un tentateur, proche du péché originel. (le singe étant le symbole de la connaissance).

Cette seconde analyse de l'œuvre nous renvoie à la création du monde, de fait à nos propres ancêtres.

Il est donc surprenant de constater que Vassil nous présente pour cela l'un de nos plus anciens ancêtres, et l'un des plus proches scientifiquement.

Cette supplique est en tout cas une invitation à le préserver, lui, notre lointain ancêtre.

\" Mon arbre \" : pourquoi je n'aime pas cette œuvre ?

Il est une œuvre de Vassil, qui loin de m'émouvoir ou de me laisser indifférent, me choque et me heurte, en un mot me déplaît !

J'ai cherché à analyser cette réaction épidermique : pourquoi cette sculpture - et uniquement celle-ci - me dérange-t-elle tant, au point que je me refuse de la voir dans sa galerie et suis heureux de ne pas la posséder chez moi ?

Ce n'est pas une œuvre ratée au sens où elle serait mal proportionnée ou disgracieuse, mais une œuvre trop \" réaliste \", trop \" humanisée \" et cependant caricaturale.

Vassil est un spécialiste de l'art animalier, mais en sculptant cet orang-outan, au petit ventre arrondi, à l'expression sarcastique, le bras droit tendu vers le ciel et la face prognathe exprimant une muette incantation, n'a-t-il pas cherché à passer \" de l'autre côté du miroir \" et tenté une représentation qui est à mi-chemin entre le règne animal - auquel il excelle - et le genre humain qu'il s'est gardé d'aborder jusqu'ici ?

Car ce qui me déplaît avant tout dans cette œuvre, c'est bien sûr son côté trop humain, cette étincelle (fugace ?) d'intelligence que l'on craint de déceler chez la bête : serait-elle capable d'articuler autre chose que des cris…

Cet orang-outan serait-il plus qu'un simple animal ? Ne vient-il pas revendiquer sa place parmi les humains en se présentant comme un de nos lointains - mais cependant très proches - cousins… (lointain dans le temps, mais génétiquement très proche de nous).

Il y a du divin et du spirituel dans cette œuvre, dans cette attente et cette interrogation quasi métaphysique matérialisée par la main droite aux doigts ouverts vers le ciel.

Inconsciemment, cette œuvre évoque pour moi ces représentations religieuses de moines bouddhistes satisfaits au ventre replet, et la \" Création d'Adam \" du plafond le la chapelle Sixtine : \" Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa \" (Genèse 1, 26-27).

Pour moi, cet orang-outan vient quémander l'index de Dieu, et je ne puis m'empêcher d'imaginer la volonté de cette bête simiesque de transgresser son statut d'animal pour tenter de s'ériger au statut d'être humain en revendiquant une âme et la parole.

Ce que je ne pardonne pas à Vassil, c'est d'avoir rendu possible que cet orang-outan s'érige comme notre ancêtre direct \" Adam \", et n'accepte pas de demeurer humblement à sa place comme un lointain cousin, issu d'une branche tombée en quenouille que l'on se garde d'inviter aux fêtes de famille !

Non, je ne veux rien avoir en commun avec ce singe ; je veux oublier ces étapes de la vie primitive par lesquelles mes ancêtres ont nécessairement dû passer, pour ne retenir que notre fragile société policée et \" évoluée \" : je renie ces étapes révolues et en veux à Vassil - au travers de cette œuvre - de m'imposer ces réminiscences occultées enfouies dans mon subconscient, où je ne me reconnais que trop bien !

Parmi les nombreuses sculptures de cet animal mythique qu'est le lion, celui de Vassil restera caractéristique de son oeuvre. Par ses dimensions déjà importantes il s'agit là d'une pièce remarquable et son auteur a bien vu que la position de l'animal requerrait une stature conséquente.

Vassil démontre une nouvelle fois qu'il est possible de satisfaire aux exigences d'un art figuratif classique tout en se référant à des préoccupations plus proches de l'art contemporain à savoir donner une réelle signification à l'oeuvre accomplie.

Dans le cas présent le sujet de l'oeuvre pourrait être interprété de la manière suivante ; le lion a beau censé être « le roi des animaux » il n'en demeure pas moins qu'il doit pour autant être en veille constante car son rôle de dominant n'est jamais assuré et il doit faire preuve d'une détermination certaine pour assumer son rôle de protecteur ; de la même façon l'histoire de l'homme dans son quotidien voire même aussi sans doute celle des civilisations humaines nous rappelle ce fait constant ; sans détermination à vouloir faire face aux menaces extérieures la suprématie ou tout simplement l'existence de chacun est menacée quelque soit son rang.

A l'instar de BIANGA la vieille lionne, ce lion a subi bien des épreuves et par son attitude martiale il apparaît tel une vigie guettant une menace encore incertaine mais à coup sûr présente.

Une balade dans une petite ville normande, et soudain dans une vitrine, \" le coup au cœur \" : deux petits oursons brun clair qui se poursuivent, un regard de défi malicieux du meneur envers le poursuivant... et me voilà conquise.

J'aime ces oursons plein de vie, le mouvement de la course, l'équilibre des corps, la complicité des regards : ils ont la spontanéité d'enfants dans le jeu ; l'imagination est au pouvoir : où vont-ils ? courir dans la montagne, se rouler dans l'herbe, se baigner dans une rivière ? je les sais en bronze et pourtant leur mouvement, leur vitesse les rend proche de l'apesanteur, les détails m'enchantent : les oreilles dressées du poursuivant indiquant son effort et celles, détendues, du meneur qui se sait gagnant... leur attitude indique le jeu et pourtant l'application, je sens le travail des muscles, la volonté de courir pour rattraper et pourtant la bonne humeur : ils s'amusent, il n'y a pas de danger autour d'eux, c'est juste le plaisir de la poursuite.

Vassil réussit à merveille à rendre ce climat d'insouciance de l'enfance ; son travail d'équilibre dans l'espace donne vie et légèreté à son œuvre : le premier ourson tient sur ses deux pattes postérieures, le corps lancé en avant, bondissant, le deuxième est ramassé dans la course tenant sur un seul point d'appui : le bout de la patte antérieure droite. C'est grâce à cette sculpture que j'ai eu la grande joie de découvrir l'Atelier 17 et toutes les merveilles qu'il contient et de faire la connaissance de cet extraordinaire sculpteur dans l'espace qu'est Vassil.

Je me suis souvent demandé pourquoi j'étais fasciné par Chahut de Vassil. D'où provient cette fascination ?

Certes la maîtrise technique dont le sculpteur fait preuve pour aller toujours plus loin dans la précision morphologique et dans la tenue mécanique des pièces aériennes est présente, se ressent à travers une représentation figurative très fidèle. Ici, les deux lionceaux ne tiennent que sur un seul point d'appui au sol ! L'un des deux se trouve donc presque en à pesanteur. Le profil du lionceau montre une tête parfaitement en adéquation avec son très jeune âge et accentue le côté \" pataud \".

Au-delà, la pièce est caractéristique de la démarche originale de Vassil. L'harmonie règne dans cette scène animalière ; il n'y a aucune fausse note. Vassil, par l'étude du comportement, choisit de mettre en scène un moment de vie très intense qu'il parvient à nous faire partager.

La pièce présente plusieurs lectures qui sont clairement orienté par l'artiste lui-même. En premier lieu, je suis d'abord attiré par le mouvement vertical des jeunes félins. Les muscles tétanisés par l'effort ludique, les deux lionceaux se présentent l'un sur l'autre ce qui constitue une position fort peu académique en art animalier et donc un point de vue original. Puis mes yeux se posent naturellement sur leurs regards, leurs rictus témoignant de l'intensité du chahut. J'entre alors dans leur cercle de jeu, non plus comme un spectateur mais comme l'un des acteurs. J'arrive alors au cœur de la pièce, non pas le cœur physique, mais le cœur spirituel : l'un va-t-il prendre le dessus sur l'autre ? Quel est le type de relation entre eux ? Quel est leur environnement ? Sont-ils en danger avec leur insouciance du jeu ? Ainsi, je me promène au centre de la pièce en focalisant sur les sujets, et je m'en éloigne en imaginant le décor de la scène.

Mais la fascination que me procure cette œuvre a une autre origine. Vassil a réalisé plus qu'une simple description esthétique de deux lionceaux. Il leur a donné une âme. Je perçois à travers les expressions leurs caractères, leurs différences, leurs sensibilités. Ce sont devenus des êtres si attachants qu'ils me sont familiers, qu'ils me renvoient à mon vécu : le chahut de mes jeunes enfants, les jeux passés de rivalité avec mon grand frère. Puis d'autres souvenirs encore plus \" primitifs \" reviennent à la surface.

Finalement la magie qui s'opère en admirant cette œuvre doit rester inexpliquée, pour ne pas troubler ma relation avec elle. La sculpture m'attire vers elle, me parle, me renvoie à ma propre existence, mes propres relations aux autres. \" Chahut \" est une œuvre digne de ce nom et obéit parfaitement à la fonction de l'art qui est selon moi : faire rêver. D'ailleurs l'ensemble de tous ces éléments sciemment analysés est très vite oublié en regardant la pièce. L'analyse s'efface devant l'émotion ressentie.

C'est par sa persévérance, sa remise en question permanente, et donc son humilité et sa sincérité dans le travail, qu'il réussit après de nombreuses années, des prouesses sculpturales telles que celles-ci.

Okavango est, selon moi, la pièce récente de Vassil la plus représentative de l’originalité de ce sculpteur. La panthère, surprise par la crue brutale du fleuve éponyme de la pièce, sauve sa vie par un saut spectaculaire vers l’autre rive.

Elle est ainsi toute entière tendue vers cet objectif unique et salvateur dont l’effort, marqué par l’expression de la pièce, semble placer à bonne distance la rive.

La modernité de la sculpture tient à la fois du traitement du modelé et de la vision de l’animal, les deux éléments étant d’ailleurs intrinsèquement liés. Traditionnellement, la panthère est l’allégorie de la souplesse en même temps qu’une image féminine du monde animal.

Les sculpteurs du siècle dernier comme Rembrandt Bugatti ont aimé la représenter telle un chat puissant, à la fois élégant et féroce. Devenu objet de prédilection de marques des années 1920 et 30, il était difficile de renouveler la représentation que nous en avions tous pour la replacer dans la réalité du monde animal, loin de l’image que nous en avions.

Vassil réussit avec Okavango ce nouveau défi en prenant comme chaque fois le parti de la représenter avec un regard renouvelé par les progrès de notre connaissance mutuellement partagée de l’animal. Il en fait un être à la fois puissant et fragile face aux éléments qui l’entourent. Ce félin est capable de hisser des proies aussi lourdes que lui en haut d’un arbre ; Vassil choisit ainsi de concentrer la force de la panthère sur le haut du corps en appuyant la puissance des épaules dont l’exagération sculpturale sert pleinement son dessein. La souplesse est, dans cette pièce, substituée par la raide puissance qui va permettre à l’animal de s’extirper du danger mortel en atteignant la rive salvatrice. L’enjeu vital est rendu par la tension extrême du saut mettant en scène un instant dramatique. Les pattes sont droites, le regard est fixe, tout tend vers ce saut qui va la sauver y compris la queue qui devient le balancier, le gouvernail vers la vie.

L’empathie du sculpteur et sa vision réaliste du monde animal se mêlent ici pour prendre le parti de représenter une panthère telle qu’elle est. Il ne s’agit pas pour Vassil d’en faire une vision fantasmée de qualité ou de beauté que nous, humains, voudrions lui accorder. Il choisit de représenter cet animal fragile et solitaire dans la réalité d’un environnement hostile peuplé d’animaux concurrents souvent plus grands et plus fort que lui et qui doit régulièrement son salut aux replis stratégiques dans un arbre ou par un saut extrême. La puissance qui lui permet ces exploits quotidiens est ainsi le fondement de sa survie.

LA CHASSE AUX IMPALAS

Un soir, je découvris ce site au hasard d'une déambulation en forme de flânerie conduisant à mon restaurant japonais préféré de Paris...Dans la vitrine de cette galerie d'art judicieusement éclairée et faisant contraste avec la pénombre de la rue, j'eus alors la vision éblouie de la scène de \" CHASSE AUX IMPALAS \", du nom de l'oeuvre réalisée en bronze par l'artiste sculpteur animalier Jean VASSIL.

EBLOUIE ...car mon esprit, mon âme, mon coeur, mon être profond furent dans l'instant saisis d'un émoi où se télescopaient en bataille, en écho à moi même, en trouble, la perception non seulement de l'esthétique de l'oeuvre, mais aussi sa dimension fortement symbolique, psychologique, philosophique, spirituelle et métaphysique. Technique éblouissante et science consommée de l'artiste : un point d'appui au sol pour les deux félins, trois pour les quatre fuyardes?

L'admiration de la beauté animale reconstituée, ces deux magnifiques guépards tout de muscles bandés et de détermination obsessionnelle, tels des athlètes de la Savane, poursuivant quatre antilopes de l'espèce Impala, magnifiquement sculptées en sprinteuses tendues en une fuite éperdue et affolée? mais instinctivement en survie ainsi qu'en témoigne l'amorce d'une habile manoeuvre de dispersion augmentant les chances de chacune d'entre elles?.

L'espace compte, et la distance?

Suffisante pour survivre, peut être, mais peut être pas? RIEN n'est joué...

Jean VASSIL nous montre des animaux sauvages, mais c'est de nous qu'il parle?

La parabole, l'allégorie, comme figure de rhétorique au travers de la symbolique de l'oeuvre sont là : Jean VASSIL nous raconte une courte histoire, utilisant un événement quotidien et banal de la vie de la brousse, pour illustrer un enseignement, une morale de la Vie des Humains : si certes chacun s'inscrit dans un Destin déterminé, ici sous la forme de grands fauves ou de proies ruminantes, il n'en reste pas moins que chacun a sa chance, issue du Hasard, de la Nécessité ou de la Décision instinctive ou née d'une mûre réflexion et d'une Volonté?

De toute façon, la Mort nous réunira tous?

C'est la grande solidarité des créatures vivantes, chacune partie d'un Tout qui nous dépasse, chacune détentrice d'une partie de ce Tout..

Illustration magistrale de notre appartenance à la cosmogonie universelle?